Découvrez deux séries récentes de vidéos de formation réalisées par les CEMEA avec Philippe Meirieu. Saison 1 : www.cemea-video.fr/serie/vous-avez-dit-4289 — Saison 2 : www.cemea-video.fr/season/saison-2-3880
« Philippe Meirieu n’est pas à l’origine de cette chaîne et ne l’administre pas. Il n’est impliqué ni dans le choix des vidéos, ni dans leur découpage, montage et habillage. Il souligne que certains propos sortis de leur contexte peuvent donner lieu à des malentendus. Il décline toute responsabilité quant à l’usage qui pourrait être fait de ces vidéos et précise que seuls les documents présents sur son site (www.meirieu.com) peuvent être considérés comme témoignant de sa pensée et de ses engagements. »
Si un ayant droit estime qu’un contenu ne devrait pas figurer ici, il est invité à nous contacter afin que le contenu concerné soit examiné et, le cas échéant, retiré rapidement. francophonepedagogie@gmail.com
Philippe Meirieu
À découvrir : la saison 2 de « Vous avez dit ? », une série de formation produite par les CEMEA, réalisée par Alexandre Agnès-Rétaux, avec Philippe Meirieu.
Chaque épisode part d’un mot essentiel de l’éducation pour en éclairer le sens, les origines, les enjeux et les implications.
La saison 2 comprend 6 épisodes :
Vous avez dit Enfance ?
Vous avez dit Responsabilité ?
Vous avez dit Sanction ?
Vous avez dit Évaluation ?
Vous avez dit Rituel ?
Vous avez dit Autorité ?
Une nouvelle saison destinée à nourrir la réflexion et la formation de tous les acteurs de l’éducation.
Voir la saison 2 :
www.cemea-video.fr/season/saison-2-3880
2 days ago | [YT] | 19
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Philippe Meirieu
À découvrir : « Vous avez dit ? », une série de formation produite par les CEMEA, réalisée par Alexandre Agnès-Rétaux, avec Philippe Meirieu. Chaque épisode part d’un mot essentiel de l’éducation pour en éclairer le sens, les origines, les enjeux et les implications.
La saison 1 comprend 12 épisodes :
Vous avez dit Pédagogie ?
Vous avez dit Éducation ?
Vous avez dit Éducabilité ?
Vous avez dit Apprendre ?
Vous avez dit Méthodes actives ?
Vous avez dit Compétence ?
Vous avez dit Coopération ?
Vous avez dit Pédagogie différenciée ?
Vous avez dit Animation ?
Vous avez dit Désir ?
Vous avez dit Théâtre ?
Vous avez dit Alternance ?
Une série destinée à nourrir la réflexion et la formation de tous les acteurs de l’éducation.
Voir la saison 1 :
www.cemea-video.fr/serie/vous-avez-dit-4289
1 week ago | [YT] | 26
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Philippe Meirieu
"Il faut lire, discuter, bricoler" conseille Philippe Meirieu pour les vacances des enfants
FRANCE INTER : Quel est l'état des enfants et des jeunes à l'issue de cette période compliquée
Philippe Meirieu : Vous avez raison il est temps que les vacances arrivent et qu'on puisse retrouver un équilibre de vie. Nous voyons à travers certaines études que, quand même, beaucoup d'enfants en Ont été sinon traumatisés, du moins bousculés par cette crise sanitaire et par les conditions de la scolarité. Cette année, je pense que pour reprendre l'année prochaine dans de bonnes conditions, il faut qu'ils passent de belles vacances.
C'est quoi des belles vacances ? Ne rien faire en juillet et en août ? Ou au contraire, essayer de rattraper le retard scolaire et garder un pied dans l'éducation ?
C'est un peu difficile. C'est à la fois tout cela. Ce que nous savons aujourd'hui, c'est qu'il y a un lien très fort entre l'équilibre psychique et les apprentissages cognitifs. Quelqu'un qui est en déséquilibre psychique et qui est un peu inquiet, traumatisé, angoissé aura du mal à apprendre. Beaucoup d'enfants sont aujourd'hui en déséquilibre psychique. Ils ont vécu une période un peu traumatique pour eux-mêmes et donc il faut retrouver cet équilibre psychique. Un cadre sécurisé, une ambiance relativement sereine et en même temps, dans cet équilibre psychique, il faut entretenir la curiosité, le désir d'apprendre. Il faut lire, il faut discuter, il faut bricoler. Il faut faire des tas de choses qui permettent d'avoir une activité intellectuelle et une activité cognitive qui soit constructive et positive.
Le plus difficile, c'est peut être pour les écoliers qui passent du primaire au collège. Est ce que c'est la transition la plus délicate sur laquelle il faut faire le plus d'attention pour les parents ?
Oui, sans aucun doute. C'est la transition qui marque sans doute la rupture la plus forte. Je crois qu'il faut là aussi proposer aux enfants un cadre serein, sécurisé, leur dire que ce n'est pas la même école, mais c'est une école qu'on va continuer quand même avec les mêmes principes et qu'on va l'accueillir en sixième. Les sixièmes sont en général très bien accueillis. Il faut dire à son enfant qu'on va l'accompagner et qu'il aura auprès de lui des adultes qui vont veiller sur lui. Je crois que les enfants ont vraiment besoin de sentir que les adultes veillent sur eux. Ils ont vécu une période où la mort, les masques, tout cela a pu les inquiéter profondément. Nous avons des études qui montrent que ils ont pris du poids, qu'ils ont perdu un certain nombre de facultés cognitives. Ils ont subi cette crise plus que nous ne le pensons, je pense, et ils ont vraiment besoin d'adultes solides et sereins à leurs côtés.
Il y a une question également importante qui est le décrochage scolaire. Est ce que des retards pourront être rattrapés, selon vous, dans les semaines qui viennent et à partir de la rentrée?
Oui, il faut relativiser cette question. Bien sûr, il y a des retards, mais d'une part, ces retards ont affecté presque tous les élèves. Les écarts ne se sont pas, il faut l'espérer, grands. Les études semblent montrer le contraire, mais je pense que les professeurs seront attentifs à ce que les écarts soient comblés, à ce qu'il y ait un accueil et un accompagnement personnalisé. Je pense qu' il faudra au cours de l'année prochaine, que nos enfants soient bien accompagnés sur le plan de la scolarité et qu'ils aient une année la plus sereine possible dans des conditions qui soient les plus équilibrées possible.
Philippe Meirieu, quelles leçons enseignements tirez-vous de ces mois de crise dans les classes?
Le fait que nous n'avons peut être pas suffisamment anticipé sur la durée que nous avons probablement géré trop au coup par coup pour les enfants, le coup par coup était quelque chose de difficile à vivre. Par rapport à cela, nous avons sans doute besoin, nous autres adultes, que nous soyons parents, que nous soyons administrateurs de l'Education nationale, professeurs, de nous projeter un peu plus loin, de lisser les choses d'une manière un peu plus grande pour éviter de soumettre nos enfants à des à-coups qui les déstabilisant quand même beaucoup.
www.radiofrance.fr/franceinter/il-faut-lire-discut…
1 week ago | [YT] | 37
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Philippe Meirieu
# Philippe Meirieu : « J’invite à ne jamais s’adresser à l’IA comme à quelqu’un »
Pédagogue et professeur émérite en sciences de l’éducation, Philippe Meirieu considère l’intelligence artificielle comme un défi majeur pour l’école, mais aussi comme une occasion de repenser l’évaluation, la relation pédagogique et la place de la réflexion.
## L’IA constitue-t-elle une révolution pour l’école ?
**Philippe Meirieu. —** Il est encore trop tôt pour le dire. Mais l’IA représente incontestablement un défi de premier ordre. Les élèves et les étudiants se sont massivement emparés de ces outils. Et si le métier de professeur reste centré sur la distribution de connaissances et la correction d’exercices, il risque de devenir rapidement obsolète face à une machine capable d’accomplir ces tâches efficacement.
## Pour quelles tâches l’IA est-elle utile ?
Les IA génératives peuvent fournir rapidement des informations, produire des textes, aider un professeur à préparer un cours ou un élève à élaborer un exposé. Elles peuvent également servir à rédiger un brouillon, résumer ou corriger un texte.
Mais la question essentielle est celle de la posture de l’utilisateur : **utilise-t-il l’IA comme une aide ou pour se substituer à lui-même ?** Se contente-t-il de ce qu’elle produit ou se l’approprie-t-il dans une démarche personnelle ?
Il faut aussi continuer à se demander ce que seul l’humain peut faire. C’est pourquoi j’invite les enseignants à apprendre aux élèves à **ne jamais s’adresser à l’IA comme à quelqu’un** et à éviter l’illusion d’un véritable dialogue qui nous ferait oublier la réalité de la machine.
## Quels sont les dangers de l’IA à l’école ?
La crainte principale des enseignants est l’industrialisation de la fraude. Mais cette situation peut aussi nous obliger à repenser nos pratiques.
L’égalité des élèves devant le travail personnel était déjà largement illusoire : certains disposent de ressources familiales, culturelles et matérielles beaucoup plus importantes que d’autres. On pourrait donc parler, non sans malice, d’une **« démocratisation de la fraude »**.
L’IA peut surtout conduire à imaginer d’autres formes d’évaluation, davantage centrées sur la démarche que sur le résultat, valorisant la créativité et donnant une place plus importante à l’oral.
## Gagner du temps, mais pour en faire quoi ?
Si l’IA permet de libérer du temps pour la réflexion individuelle et collective, c’est positif. Mais si elle sert à se débarrasser du travail de réflexion, cela devient inquiétant.
Nous vivons dans une société dominée par l’immédiateté, où les réseaux sociaux captent sans cesse notre attention et nous poussent à accélérer.
Dans ces conditions, **l’école doit être un espace de décélération** : un lieu où l’on apprend à différer l’impulsion, à dépasser les clichés et à rechercher la précision, la justesse et la vérité.
Il ne s’agit donc pas de renoncer à l’IA, mais de l’utiliser dans un temps long qui laisse une véritable place à la réflexion.
## Quelle place conserver à l’effort ?
Les enfants veulent souvent savoir, et si possible savoir sans apprendre. Pourtant, apprendre demande du temps et des efforts : il faut essayer, se tromper, recommencer.
Cela renvoie à la dialectique **frustration/promesse**. L’enfant doit accepter de renoncer à certaines satisfactions immédiates s’il comprend que cet effort lui permettra d’accéder plus tard à quelque chose de plus important.
Or ce rapport est aujourd’hui en crise. Beaucoup d’élèves ont du mal à différer leur satisfaction et donc à accepter l’effort, parce qu’ils ne voient plus clairement la promesse qui se trouve au bout du chemin.
## Que peut apporter le professeur que l’IA ne peut pas transmettre ?
La relation pédagogique permet d’abord la **découverte du plaisir d’apprendre**.
Le professeur doit entretenir lui-même un rapport vivant aux savoirs. S’il continue à s’interroger — *Ai-je la bonne explication ? le mot juste ? le bon exemple ?* — il transmet à l’élève un rapport dynamique au savoir.
C’est ici qu’apparaît une différence fondamentale : **l’IA est un service ; l’école est une institution.**
L’école repose sur des valeurs d’émancipation et de solidarité. La relation pédagogique n’est pas une relation commerciale où il faudrait simplement satisfaire l’élève. Le rôle de l’enseignant est aussi de l’aider à se poser des questions pertinentes et à aller toujours plus loin dans l’interrogation.
Il ne s’agit donc pas seulement de transmettre des informations, mais d’apprendre aux élèves à rechercher la précision, la justesse et la vérité afin de **penser par eux-mêmes**.
## Pourquoi préserver l’apprentissage collectif ?
L’un des risques de l’IA serait de séparer la transmission des savoirs de la socialisation.
Certains imaginent un enseignement entièrement individualisé, adapté aux besoins, au profil cognitif et au rythme de chaque élève. Cette vision me paraît dangereuse.
Les savoirs acquis individuellement devant une machine ne sont pas identiques à ceux que l’on construit dans une classe par les explications, les objections et les interactions avec les autres.
Socialisés, les savoirs deviennent un **« commun »** : ils relient les générations, permettent la confrontation des points de vue et contribuent à « faire société ».
La langue, l’écriture ou la littérature ne se réduisent pas à des compétences individuelles. Elles permettent de structurer sa pensée, de se confronter aux autres et d’entrer dans une culture commune.
L’éducation reste donc fondamentalement une rencontre entre des êtres humains qui peuvent être transformés par les autres et par les savoirs qu’ils découvrent.
## L’IA peut-elle conduire à une école sans professeurs ?
C’est une vieille utopie, ou plutôt une terrible dystopie. De *1984* d’Orwell au *Meilleur des Mondes* d’Huxley, la littérature a souvent imaginé des sociétés parfaitement organisées où les individus sont façonnés pour correspondre à ce que l’on attend d’eux.
Une telle recherche de perfection est incompatible avec la liberté et l’idéal démocratique.
Cela ne signifie pas que tous les promoteurs de l’IA souhaitent une société à la Big Brother. Mais il faut rester attentif au risque d’une **« société du contrôle »**.
Il ne s’agit ni de refuser la technologie ni de sombrer dans le fatalisme. Les éducateurs doivent comprendre lucidement les enjeux de l’intelligence artificielle et y répondre **collectivement et solidairement**.
1 week ago | [YT] | 42
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Philippe Meirieu
Apprendre avec plaisir : la philosophie éducative de Philippe Meirieu
L’enseignement et l’apprentissage constituent une question centrale dans plusieurs domaines : philosophie, psychologie, pédagogie et didactique. Malgré l’abondance des recherches, la question reste ouverte. Philippe Meirieu est l’un des pédagogues contemporains qui lui ont accordé une attention particulière.
Dans Apprendre… oui, mais comment ?, Meirieu propose une analyse de l’apprentissage centrée sur une idée essentielle : la mission de l’école est de permettre la réussite de l’éducation. Le travail de l’enseignant consiste notamment à organiser des situations permettant une véritable interaction entre l’apprenant et les savoirs, afin que l’apprentissage prenne sens.
Cette réflexion peut être comprise comme une véritable « philosophie de l’apprentissage », organisée autour de trois dimensions : le désir d’apprendre, le plaisir d’enseigner et le plaisir d’apprendre tout au long de la vie.
1. Le désir d’apprendre
Pour Meirieu, aucun apprentissage véritable ne peut avoir lieu sans l’engagement de l’apprenant. Le désir d’apprendre ouvre la voie au plaisir d’apprendre et nourrit ce que l’on pourrait appeler « l’appétit de savoir ».
Or, l’un des grands paradoxes de l’éducation est que l’enseignant peut préparer soigneusement ses cours, respecter les programmes, maîtriser ses connaissances et chercher à motiver ses élèves sans jamais pouvoir garantir qu’ils auront envie d’apprendre.
L’élève reste un acteur essentiel de son propre apprentissage. Personne ne peut apprendre à sa place ni décider à sa place de s’engager dans les savoirs.
C’est précisément là que commence la pédagogie : comment faire naître le désir d’apprendre ? Comment aider l’élève à s’engager dans l’effort nécessaire pour comprendre ? Comment le mobiliser sans le contraindre ? Comment lui transmettre une relation exigeante mais vivante avec les savoirs ?
L’enjeu est finalement de faire naître chez l’apprenant cette joie particulière : la joie de comprendre et de penser, une joie susceptible de nourrir durablement son désir de connaître.
2. Le plaisir d’enseigner
Pour Meirieu, l’enseignant ne transmet pas uniquement des connaissances : il transmet également une relation au savoir.
Un élève qui ne rencontre jamais un enseignant capable d’incarner le plaisir d’apprendre risque de percevoir les exigences scolaires uniquement comme des contraintes. Pour donner envie d’apprendre, l’enseignant doit donc lui-même montrer que le savoir peut être une aventure intellectuelle.
En enseignant, il continue lui aussi à apprendre. Il explore les connaissances, les questionne et partage avec ses élèves la joie de comprendre.
Le métier d’enseignant possède ainsi une particularité : même lorsqu’il maîtrise les savoirs, l’enseignant doit être capable de se placer du point de vue de celui qui apprend. Il doit construire des situations dans lesquelles l’élève peut chercher, expérimenter, découvrir et créer.
L’objectif n’est donc pas seulement de transmettre des réponses, mais de permettre à l’élève de développer une pensée capable d’explorer de nouveaux horizons.
Le plaisir d’enseigner rencontre alors le plaisir d’apprendre : la joie intellectuelle de l’enseignant peut devenir une invitation pour l’élève à entrer dans le monde des savoirs.
3. Le plaisir d’apprendre tout au long de la vie
Découvrir le plaisir d’apprendre constitue, selon cette perspective, l’un des objectifs fondamentaux de l’éducation.
Apprendre permet de développer la pensée, et la pensée permet à l’individu de construire sa liberté, de rechercher la vérité et de mieux comprendre le monde.
Mais créer ce plaisir exige certaines conditions : des programmes porteurs de sens, des évaluations adaptées et des méthodes pédagogiques capables d’impliquer réellement les apprenants.
Cette conception peut être résumée par quelques principes essentiels :
Tout enfant peut apprendre et grandir.
Personne ne peut apprendre à sa place.
L’éducateur doit construire des situations permettant à l’enfant de s’engager et de découvrir le plaisir d’apprendre.
L’apprentissage ne doit d’ailleurs pas s’arrêter aux portes de l’école. Il doit accompagner l’individu dans sa vie personnelle, sociale et professionnelle. Apprendre doit devenir une activité de toute une vie.
Une philosophie du plaisir d’apprendre
La pensée de Philippe Meirieu peut ainsi être considérée comme une véritable philosophie de l’apprentissage centrée sur une question fondamentale : comment donner envie d’apprendre ?
Les notions de désir, de plaisir, de joie et de goût occupent une place importante dans cette conception. Elles rappellent que l’élève ne doit pas être considéré comme un simple récepteur de connaissances, mais comme un sujet actif.
Pour Meirieu, il ne suffit donc pas de multiplier les théories pédagogiques. Il faut créer des situations concrètes permettant aux élèves de chercher, comprendre, découvrir et créer.
Cela exige également des enseignants capables de développer continuellement leurs compétences professionnelles et de construire une relation pédagogique respectueuse de l’apprenant.
Enfin, la question du sens demeure essentielle. Pourquoi apprendre ? Si l’apprentissage n’est présenté que comme un moyen de réussir socialement, le désir risque de disparaître.
Nous apprenons aussi pour élargir notre vision du monde, mieux comprendre les autres, prendre de la distance par rapport à nous-mêmes et nous construire comme sujets.
Nous n’apprenons pas seulement pour réussir. Nous apprenons aussi pour devenir.
Abderrazak Tijani — Chercheur en sciences de l’éducation
2 weeks ago (edited) | [YT] | 36
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Philippe Meirieu
Déclaration de Philippe Meyrieu, pédagogue :
"Nous vivons, pour la première fois, dans une société où l'immense majorité des enfants qui viennent au monde sont des enfants désirés. Cela entraîne un renversement radical : jadis, la famille "faisait des enfants", aujourd'hui, c'est l'enfant qui fait la famille. En venant combler notre désir, l'enfant a changé de statut et est devenu notre maître : nous ne pouvons rien lui refuser, au risque de devenir de "mauvais parents"...
Ce phénomène a été enrôlé par le libéralisme marchand : la société de consommation met, en effet, à notre disposition une infinité de gadgets que nous n'avons qu'à acheter pour satisfaire les caprices de notre progéniture.
Cette conjonction entre un phénomène démographique et l'émergence du caprice mondialisé, dans une économie qui fait de la pulsion d'achat la matrice du comportement humain, ébranle les configurations traditionnelles du système scolaire.
Pour avoir enseigné récemment en CM2 après une interruption de plusieurs années, je n'ai pas tant été frappé par la baisse du niveau que par l'extraordinaire difficulté à contenir une classe qui s'apparente à une cocotte-minute.
Dans l'ensemble, les élèves ne sont pas violents ou agressifs, mais ils ne tiennent pas en place. Le professeur doit passer son temps à tenter de construire ou de rétablir un cadre structurant. Il est souvent acculé à pratiquer une "pédagogie de garçon de café", courant de l'un à l'autre pour répéter individuellement une consigne pourtant donnée collectivement, calmant les uns, remettant les autres au travail.
Il est vampirisé par une demande permanente d'interlocution individuée. Il s'épuise à faire baisser la tension pour obtenir l'attention. Dans le monde du zapping et de la communication "en temps réel", avec une surenchère permanente des effets qui sollicite la réaction pulsionnelle immédiate, il devient de plus en plus difficile de "faire l'école". Beaucoup de collègues buttent au quotidien sur l'impossibilité de procéder à ce que Gabriel Madinier définissait comme l'expression même de l'intelligence, "l'inversion de la dispersion".
Dès lors que certains parents n'élèvent plus leurs enfants dans le souci du collectif, mais en vue de leur épanouissement personnel, faut-il déplorer que la culture ne soit plus une valeur partagée."
3 weeks ago | [YT] | 113
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Philippe Meirieu
« Il est urgent de prendre en compte la parole de l’enfant battu ou agressé »
Philippe Meirieu
Dans une tribune au « Monde », Philippe Meirieu, professeur en sciences de l’éducation, propose qu’une pédagogie de la parole authentique soit mise en place dans toute la société, en famille et à l’école, dès le plus jeune âge.
Après les scandales sur le périscolaire et l’affaire Bétharram, le meurtre de Lyhanna a fait ressurgir dans le débat public la question de la prise en compte de la parole des enfants. Déjà, lors du procès d’Outreau, s’étaient affrontés, d’une part, celles et ceux qui plaidaient pour une écoute inconditionnelle de l’enfant et, d’autre part, celles et ceux qui s’inquiétaient des conséquences parfois dramatiques de propos proférés sous le coup de l’émotion dans l’immaturité. Il n’est pas certain que nous ayons beaucoup progressé sur ce problème et, faute d’une élucidation des conditions de prise en compte de cette parole, on s’en tient le plus souvent à des déclarations générales – mais bien peu opérationnelles – sur la nécessité d’« agir avec bienveillance et discernement ».
Il faut, pour aller plus loin, s’interroger sur une question fondatrice : qu’est-ce qu’un enfant ? Juridiquement, c’est un être humain de moins de 18 ans. Mais cette définition est aussi indispensable qu’insuffisante. Fondée sur une césure nécessaire à tout État de droit – il faut bien statuer sur le moment où un individu peut être considéré comme un citoyen à part entière –, elle ignore ce qui fait la spécificité de l’enfant : c’est un être tout à la fois inachevé et complet.
Il est inachevé car il vient au monde infiniment démuni et ne peut se développer sans l’accompagnement d’adultes qui ont, à son égard, un impérieux devoir d’antécédence. Mais il est aussi un être complet dont les gestes et les paroles témoignent d’une intériorité, certes en devenir, mais que les adultes ne peuvent ignorer, au risque, sinon, d’en entraver le développement.
Rôle fondamental de l’éducation
Ces deux dimensions de l’enfant ont pu parfois apparaître incompatibles : ainsi a-t-on pu voir s’opposer celles et ceux qui exigent qu’au nom de son inachèvement on le traite systématiquement comme un infans – celui qui ne parle pas, ou dont la parole doit être systématiquement mise en doute par l’adulte – et celles et ceux qui, au nom du fait que « le bébé est une personne », exigent que sa parole soit entendue sans condition.
En 1989, au moment où la France a ratifié la Convention internationale des droits de l’enfant, on n’a pas manqué de souligner la difficulté de concilier les propositions qui protègent l’enfant, au nom de sa fragilité, avec les articles 12 à 15, qui stipulent qu’« il doit être entendu sur toutes les affaires le concernant » et même disposer du droit à « la liberté de pensée, de conscience et de religion » comme à « la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique ». Or, effectivement, une interprétation paresseuse peut laisser penser qu’il y a là une contradiction : comment peut-on octroyer en même temps à l’enfant des droits liés à sa minorité et des droits dont l’exercice suppose l’accès à la majorité ?
Mais c’est là faire l’impasse sur le rôle fondamental de l’éducation, qui doit permettre à chacun et chacune de se dégager progressivement de sa dépendance pour accéder à l’autonomie. Car, si l’éducation doit prendre l’enfant « comme il est », c’est pour l’amener à « ce qu’il doit être ». Et, puisque nul n’a vécu de métamorphose miraculeuse la nuit de ses 18 ans, il faut bien que les adultes le préparent, tout au long de son enfance, à franchir la frontière. Il faut qu’ils lui proposent des situations qui anticipent ce qu’il n’est pas encore capable de faire, mais qu’il deviendra précisément capable de faire grâce aux ressources et à l’encadrement pédagogiques qu’on mettra en place pour lui.
Autant dire que l’indispensable prise en compte de la parole de l’enfant n’est possible que si l’on échappe, en même temps, à la suspicion systématique et à la totémisation idéaliste. Que si l’on récuse, tout autant, la vision de l’enfant systématiquement menteur et la conception de l’enfant spontanément capable d’exigence de vérité. Ainsi, si l’on doit se féliciter que la « loi intégrale » – qui pourrait arriver bientôt devant les parlementaires – institue, en son article 17, « un entretien individuel annuel pour chaque enfant, dès la première année de l’école maternelle, afin d’évaluer son bien-être, de prévenir et de dépister toute forme de violence, dans un cadre confidentiel, sécurisé et protecteur », on ne peut en rester là. C’est, en effet, dans toute la société, en famille et à l’école, comme dans l’ensemble des activités proposées aux enfants, que l’on doit mettre en place une pédagogie de la parole.
Ce que parler veut dire
Dès les premiers jours, dès la crèche et tout au long de leur développement, nos enfants doivent, en effet, apprendre ce que parler veut dire : surseoir à l’immédiateté de la pulsion, faire l’effort d’être intelligible, entendre les doutes et les objections de l’autre, expliquer, démontrer. Ne pas se laisser envahir par un trop-plein d’émotions et chercher toujours à être précis, au plus près du plus juste. Éviter l’onomatopée qui dispense de l’énonciation.
C’est là un apprentissage difficile, mais essentiel, qui requiert que, dès le plus jeune âge, les éducateurs et les éducatrices mettent en place systématiquement des rituels adaptés, proposent des espaces-temps où de fécondes contraintes permettent l’émergence de la réflexivité et, donc, de la liberté. Certes, cela ne suffira sans doute pas quand l’enfant sera confronté à l’indicible, mais c’est là le terreau éducatif indispensable, le préalable nécessaire pour que le recueil de sa parole par des professionnels puisse s’effectuer, sinon sereinement, du moins dans une confiance réciproque.
Il est urgent de prendre en compte la parole de l’enfant battu ou agressé. Mais il faut aussi que tous nos enfants soient, le plus tôt possible et dans toutes les institutions, formés à la parole authentique. Affaire de prise de conscience collective, mais aussi de volonté politique et de formation des personnels de l’enfance. Urgence éducative et sociétale si nous ne voulons pas errer longtemps encore entre des visions tronquées de l’enfance.
Philippe Meirieu est professeur honoraire en sciences de l’éducation à l’université Lumière Lyon-II et a dernièrement publié avec Xavier Bouchereau « Parce que nous croyons encore en l’éducation »
4 weeks ago | [YT] | 13
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Philippe Meirieu
Conférence de Philippe Meirieu à l'Université de Corse
L'univeristé de Corse par le biais de la Mission SAPS, en partenariat avec l'association Arcu di Sapè, a le plaisir de vous inviter à une conférence exceptionnelle de Philippe Meirieu, figure incontournable des sciences de l'éducation et de la pédagogie.
Organisée le vendredi 11 septembre, cette rencontre se déroulera sur le campus Grimaldi, dans le bâtiment Desanti – Amphithéâtre 1.
L'accueil des participants est prévu à 9h30, pour un début de conférence à 10h.
Cette rencontre portera sur le thème :
« Quelle éducation pour faire face aux défis d'aujourd'hui et de demain ? »
Professeur émérite en sciences de l'éducation à l'Université Lumière Lyon 2, Philippe Meirieu est reconnu pour ses travaux sur la pédagogie, la différenciation des apprentissages et les conditions favorisant l'émancipation et l'autonomie des élèves. Son engagement et ses réflexions nourrissent depuis plusieurs décennies le débat public sur l'éducation. Le quotidien Libération le qualifie d'ailleurs de « pédagogue le plus écouté de nos gouvernants ».
Auteur de nombreux ouvrages de référence, il a récemment publié Parce que nous croyons encore à l'éducation (éditions Erès, janvier 2026), dans lequel il réaffirme le rôle essentiel de l'éducation pour relever les grands défis contemporains.
Au-delà de sa conférence, cette rencontre sera également l'occasion d'échanger avec l'auteur autour de son dernier ouvrage, de ses recherches et de sa vision de l'éducation face aux mutations de notre société.
L'ensemble des personnels de l'Université de Corse est chaleureusement invité à participer à cet événement.
Cette action s'inscrit dans le PIA UNITI UNIversité : pour la Transformation au service des territoires Insulaires méditerranéens, porté par l'Université de Corse.
1 month ago | [YT] | 30
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Philippe Meirieu
⭐️⭐️⭐️ Le Festival Out of the Books aura l'immense plaisir d'accueillir Philippe Meirieu, pédagogue, chercheur et auteur incontournable, pour deux conférences exceptionnelles.
📅 Jeudi 1er octobre | 9h00
Quel avenir pour les écoles et les enseignants ?
À l'heure de l'intelligence artificielle, des mutations du numérique et des défis qui traversent l'école, comment imaginer une éducation qui reste profondément humaine ?
📅 Vendredi 2 octobre | 10h45
Comment développer la culture de la coopération dans nos classes ?
Parce qu'apprendre ensemble est plus que jamais un enjeu de société, Philippe Meirieu partagera des pistes concrètes pour faire de nos classes des lieux d'émancipation, de solidarité et de réussite.
Deux rendez-vous inspirants, nourris par des décennies de réflexion et d'engagement au service de l'École. Une occasion rare d'écouter, de questionner et d'échanger avec l'une des grandes références de l'éducation.
📅 Festival Out of the Books 8e édition
📍 La Sucrerie - Wavre
🗓️ 30 septembre, 1er et 2 octobre 2026
🎟️ Billetterie : outofthebooks.com/festival/#tickets/
🌐 Programme complet : outofthebooks.com/festival/
🎓 Bonne nouvelle ! Le Festival Out of the Books est agréé par l'IFPC. Les membres du personnel de l'enseignement peuvent s'y inscrire dans le cadre des formations interréseaux.
📌 Formation IFPC : 120202510
🔑 Clés d'inscription IFPC :
• 30 septembre : 58880
• 1er octobre : 58881
• 2 octobre : 58882
1 month ago | [YT] | 9
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