Vidéos de psychiatrie pour patients et professionnels de santé
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Pas de conflit d'intérêt
#psychiatrie #psychologie #santé #médecine #santémentale #tdah
Psychiatrie internationale
Le trauma peut expliquer bien des choses, mais il n'explique pas tout.
Je ne cherche pas à minimiser le trauma en disant ça. Mais je veux éviter de transformer un facteur de risque majeur en explication universelle.
Dans les enquêtes internationales de l’OMS, 70 % des personnes rapportent au moins un événement potentiellement traumatique au cours de leur vie, avec plusieurs expositions en moyenne. Pourtant, toutes ne développent pas un état de stress post-traumatique.
Le risque dépend fortement du type d’événement, de sa répétition, de l’âge, du contexte social, des vulnérabilités antérieures et des ressources disponibles après l’événement.
Deux erreurs opposées circulent largement sur les réseaux.
La première consiste à dire : « Puisque la majorité des personnes exposées ne développe pas de PTSD, le trauma n’a pas d’importance. » C’est faux. Un trauma peut déclencher un trouble, en aggraver l’expression, compliquer la rémission ou modifier profondément la manière dont une personne vit ses symptômes.
La seconde consiste à dire : « Toute maladie mentale est, au fond, un trauma non résolu. » Les données ne permettent pas davantage cette conclusion. Une association n’est ni une cause unique ni un destin individuel.
Réduire toute souffrance au trauma peut être aussi aveugle que l’ignorer.
La formulation honnête est moins spectaculaire, mais plus utile : le trauma augmente certains risques sans déterminer automatiquement une trajectoire. Chez une personne donnée, il faut rechercher son rôle réel, pas lui attribuer par principe tous les symptômes.
Le soin commence quand on sort de la guerre idéologique entre « tout est biologique » et « tout est traumatique ».
Le trauma est-il devenu, sur les réseaux, une explication trop facile parce qu’elle donne immédiatement du sens ? Est-ce que les patients se portent vraiment mieux depuis que ce discours est devenu viral ?
Plus d'infos dans la vidéo de 9 heures
1 hour ago | [YT] | 4
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Psychiatrie internationale
Le 20 juillet 2026, la Haute Autorité de santé (HAS) a annoncé la recommandation de la vaccination obligatoire pour les soignants. Tous les soignants sont concernés : professionnels de santé salariés, libéraux, à l’hôpital, en EHPAD, en structure médico-sociale, et les étudiants des filières médicales, paramédicales et pharmaceutiques.
Tous ? Oui, tous. L’éxecutif s’est mis au travail aussitôt la recommandation publiée. On ne perd pas de temps.
J’insiste, on ne parle pas des malades : on parle des soignants. Les patients âgés, de leur côté, n’ont qu’une recommandation de vaccination – sans être obligés. Oui, c’est étrange : si on voulait à tout prix protéger ces patients, peut-être qu’il faut commencer par les vacciner systématiquement. Mais que voulez-vous. La vaccination est moins efficace chez les sujets âgés. En EHPAD, ils sont 82,7% à être déjà vaccinés, et des “considérations éthiques” nous empêchent d’obliger les patients.
La nouvelle a été applaudie par certains, mais je suis plus sceptique.
L'article entier est accessible gratuitement ici :
open.substack.com/pub/msikorav/p/vaccination-oblig…
7 hours ago | [YT] | 18
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Psychiatrie internationale
Ma femme me quitte si j’arrête mes médicaments
Elle m’a posé une limite très claire : si j’arrête volontairement mes traitements alors qu’ils fonctionnent, elle part.
Ça peut sembler brutal. Je trouve, pour ma part, que c’est une position parfaitement défendable.
On a deux enfants. Une rechute ne concernerait pas que moi. Elle modifierait sa vie, celle de nos fils, notre organisation familiale et probablement notre sécurité – financière ou autre.
Quand je suis stable, je suis lucide. Si je décide à ce moment-là d’arrêter un traitement efficace simplement parce que je préfère croire que je ne suis pas malade, je ne prends pas ce risque uniquement pour moi. J’impose ce risque à toute ma famille.
La maladie mentale n’annule pas toute responsabilité.
Elle peut altérer le jugement, retirer une grande partie du contrôle et conduire à des comportements que la personne n’aurait jamais eus autrement. Mais les décisions prises pendant les périodes de stabilité n’en sont que plus importantes.
Choisir un suivi. Accepter ses limites. Identifier les signes d’alerte. Prévoir qui doit intervenir. Décider à l’avance de ce qu’on fera si le sommeil disparaît, si l’irritabilité augmente ou si l’on recommence à penser que tout le monde se trompe sauf soi.
Les proches n’ont pas une réserve infinie de patience.
Ils peuvent aimer quelqu’un et finir malgré tout par s’épuiser. Ils peuvent comprendre que certains comportements sont liés à la maladie et ne plus être capables de les supporter. Ils peuvent rester, puis se désengager intérieurement. Ou pire : s’en aller.
On dit souvent aux familles qu’elles doivent soutenir, comprendre, pardonner et ne pas abandonner.
On dit moins souvent aux patients que leurs proches ne sont pas tenus de sacrifier indéfiniment leur propre vie.
Lorsqu’on a la chance d’être entouré, se battre pour aller mieux n’est pas seulement une affaire personnelle. C’est aussi une responsabilité envers ceux qui continueront à ramasser les morceaux si tout s’effondre.
On ne nous demande pas la perfection.
Mais on peut demander une chose aux malades que nous sommes : quand nous sommes lucides, ne pas jouer volontairement avec une maladie qui nous a déjà montré ce qu’elle pouvait détruire.
1 day ago | [YT] | 4
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Psychiatrie internationale
L'article est acessible gratuitement ici : open.substack.com/pub/msikorav/p/comment-predire-u…
Pour chaque test diagnostique, on peut définir la valeur prédictive négative et positive. La valeur prédictive positive nous donne les chances qu’un patient positif à ce test soit en réalité bien atteint par une maladie. La valeur prédictive négative nous donne les chances que le patient soit indemne de la maladie quand le test est négatif.
On avait dans cet article, par exemple, que la valeur prédictive des tests de dépistage sur le TDAH est autour de 15%. Attention, je parle ici des questionnaires de dépistage sérieux – comme l'Adult ADHD Self-Report Scale (ASRS v1.1), par exemple. Si on regarde les questionnaires en ligne non évalués, vous pouvez être sûrs qu’on arrive à moins de 5% de valeur prédictive positive, VPP à partir de maintenant.
On peut appliquer ce raisonnement à n’importe quelle prédiction clinique. Par exemple, chez un patient suivi en psychiatrie, quelle est le risque qu’il se suicide si le score de l’échelle de risque de suicide – inventée pour l’occasion – est de 20 points. Ou de 25 points. Et si je mets la limite à 30, quels sont les risques ? Et ainsi de suite.
Ainsi, on dira qu’un test de suicidalité a une VPP de 30% si les patients classés à haut risque suicidaire meurent par suicide dans 30% des cas. Évidemment, dans ce scénario, le clinicien ne laisse pas un score sur une échelle décider la prise en charge du patient. On dira donc que l’association score sur une échelle + évaluation du clinicien prédit le risque, et on quantifiera ce risque avec la VPP. Ça marche aussi avec la valeur prédictive négative (VPN) : quelles sont les chances que le patient ne meurt pas de suicide, si le clinicien estime que le risque est faible.
Il faut aussi définir une durée de suivi – on imagine bien que si on suit des patients pendant 10 ans, on verra plus de suicide que si on les suit pendant 6 mois. Donc, pour enfoncer le clou :
La VPP est la proportion des patients classés à haut risque qui meurent par suicide pendant la période de suivi.
La VPN est la proportion des patients classés à faible risque qui ne meurent pas par suicide pendant cette période.
C'est clair pour tout le monde ?
Le reste de l'article est disponible ici : open.substack.com/pub/msikorav/p/comment-predire-u…
1 day ago | [YT] | 17
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Psychiatrie internationale
La Haute Autorité de santé fait ce qu'elle sait faire de mieux : recommander une obligation en l'absence de données. Plus précisément, malgré des données négatives.
La revue Cochrane sur le sujet est digne d'intérêt. Attendez-vous à une rafale de gueulantes dans les prochains jours – je vous en reparlerai.
D'ici à ce que cette mesure soit mise en place, je mettrai cette « recommandation » à côté de celle de l'utilisation du Tercian, au cimetière des idioties que nos experts sortent à rebours de la science…
S'il reste un caveau de libre.
#TDAH #psychologie #SanteMentale #depression #anxiete
1 day ago | [YT] | 41
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Psychiatrie internationale
Les réseaux sociaux sont remplis d’opinions simplistes sur la santé mentale et la psychiatrie.
Ici, il suffit de prendre des compléments alimentaires pour corriger une carence.
Là, les séances de thérapie permettront de « régler le problème de fond ».
Ailleurs, on vous dit qu’il suffit de poser le bon diagnostic, comme si le nom allait suffire pour tout le monde, à chaque fois.
Il y a bien sûr des éléments de vérité dans ces propositions. Mais cela revient à simplifier des problèmes complexes et des prises en charge qui se heurtent à plus d’une déception lorsqu’on se rend compte que ce n’était pas si évident.
Je vous propose, dans cette vidéo, un cas clinique de dépression adolescente d’apparence assez simple. C'est facile au départ, ça se complique très vite.
Je vous montre comment naviguer dans les doutes cliniques et méthodologiques qui entourent la discipline.
Normalement, vous n’êtes plus sûrs de vous après l’avoir regardée.
Et c’est tout l’objectif.
En psychiatrie, le doute est une nécessité.
Vous trouverez plus de contenu gratuit sur le blog :
msikorav.substack.com/subscribe
2 days ago | [YT] | 5
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Psychiatrie internationale
Les difficultés s’accumulent, on m’accuse encore d’être dangereux et décompensé.
Mais je peux aussi compter sur le soutien de confrères qui me donnent la force de continuer à me battre.
Ne lâchez pas ! La persévérance est toujours récompensée.
msikorav.substack.com/
3 days ago (edited) | [YT] | 170
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Psychiatrie internationale
Vous êtes plusieurs à m’avoir demandé où trouver le début de l’histoire avec la Sécu. Je vous renvoie donc vers cette vidéo.
Vous y apprendrez :
Pourquoi je suis venu sur les réseaux sociaux.
Que la CPAM peut refuser les conciliations demandées par l’Ordre des médecins au sujet des prescriptions hors AMM – alors même qu’un professeur devait venir leur expliquer pourquoi celles-ci sont monnaie courante en psychiatrie.
Que cette même CPAM peut ensuite effectuer un signalement dans lequel elle accuse les médecins de « ne pas prescrire selon les données actuelles de la science ».
Que cette même CPAM considère, entre autres, que la prescription de Quasym et de Ritaline à libération immédiate n’est pas conforme aux données actuelles de la science.
Que cette même CPAM considère qu’un assistant médical ayant exercé comme infirmier pendant dix ans n’a plus les compétences d’un infirmier dès lors que son statut change.
Que cette même CPAM n’hésite pas à accuser des médecins dont la maladie mentale est connue d’être décompensés – sans les avoir vus et en se fondant uniquement sur les réseaux sociaux.
Elle m’accuse ainsi de mettre les patients en danger et demande l’arrêt immédiat de mon exercice de la médecine.
La discrimination s’exerce sans relâche dès qu’elle en a l’occasion.
Cette histoire n’est plus seulement la mienne.
C’est aussi celle des milliers de patients concernés.
J’espère qu’elle fera un peu le tour des réseaux.
Je pense qu’elle mérite d’être entendue.
3 days ago | [YT] | 14
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Psychiatrie internationale
J’ai traversé plus d’échecs que de succès. Voici le dernier de la liste.
— Je refuse de vous délivrer l’Ozempic : il faut une ordonnance d’un médecin.
— Mais l’ordonnance vient d’un médecin.
— Le Dr Sikorav n’est pas un médecin, il n’a pas le droit de prescrire de l’Ozempic.
— Quoi ?
— Je refuse, c’est tout.
— Et pourquoi l’avez-vous délivré le mois dernier ?
— Je me suis trompée. Vous avez de la chance que je ne vous demande pas de remboursement.
— Comment va faire ma fille ? Sans Ozempic, la clozapine lui fait prendre deux kilos par mois. Elle finit par l’arrêter, se retrouve hospitalisée pendant trois mois, et on recommence. Elle se dégrade à chaque fois.
— C’est comme ça, c’est tout. Le Dr Sikorav devrait être radié de toute façon.
— OK, j’irai ailleurs.
La mère va dans une autre pharmacie. Au comptoir, on lui explique que, pour délivrer l’Ozempic, le pharmacien a besoin de l’ordonnance précédente, avec la mention « refus de délivrance » écrite dessus par la pharmacienne.
Elle appelle la pharmacie et tombe sur la même pharmacienne, qui lui explique qu’elle ne lui délivrera pas l’ordonnance avec la mention demandée.
« Je refuse de vous écrire que je refuse la délivrance. Par contre, est-ce que vous continuerez à venir prendre les crèmes non remboursées pour votre mari ? »
Sans commentaire. Je dois faire une nouvelle ordonnance, la mère finit par récupérer l’Ozempic, tout se termine bien.
« Vous voyez, c’est exactement à cause de ce genre de connards que tout est parti en l’air. Et c’est à cause d’eux que je m’en vais. »
C’est ce que Maxime, mon assistant médical, a répondu à la mère de la patiente quand elle nous a raconté cette histoire. Pour tout vous dire, je ne m’en étais même pas rendu compte. Mais il a raison.
La suite est dans l'article :
open.substack.com/pub/msikorav/p/un-combat-perdu?r…
3 days ago | [YT] | 56
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Psychiatrie internationale
On me demande souvent comment je fais pour être stable.
Certains disent que j’ai de la chance. D’autres, que j’ai une maladie qui n’est, somme toute, que légère. Sans compter ceux qui pensent que je ne suis toujours pas stable.
Quelle que soit l’explication, les médicaments ont joué un rôle majeur : alors que j’étais malade la moitié du temps, je n’ai pas connu de nouvel épisode depuis des années.
Les gens veulent connaître mon ordonnance, mais les traitements changent d’un patient à l’autre. Le rapport que j’entretiens avec les médicaments vous sera plus utile, à mon avis.
J’espère que ça vous aidera. Vous me direz ce que vous en pensez !
Pour plus de contenu, abonnez-vous à mon blog quotidien de psychiatrie : msikorav.substack.com/subscribe
4 days ago | [YT] | 4
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